Jeudi de la Troisième Semaine du Temps Pascal (Fr, Pt, It, En)
| "Le
Baptême de l’eunuque" (1626) de Rembrandt (Musée du couvent de sainte Catherine, Utrecht) |
[Fr] Méditation : La route déserte et l'attraction du Père
Premier Point : La pauvreté cachée derrière le pouvoir
Dans la première lecture des Actes des Apôtres, nous voyons le
diacre Philippe qui est envoyé par l’Esprit sur la route qui descend de
Jérusalem à Gaza. Le texte à voulu préciser qu’« elle est déserte ».
Spirituellement, le désert est le lieu de la vérité. C’est là que l’on ne peut
plus tricher. Sur cette route, il y a un homme, un eunuque éthiopien. Le texte
nous le présente comme un personnage puissant : il est l'administrateur
des trésors d'une reine. Il possède tout, mais il lui manque l’essentiel. En
tant qu'eunuque, selon la loi ancienne, il est un homme exclu, c’est-à-dire quelqu’un
qui ne peut pas transmettre la vie, un "stérile" malgré ses
richesses.
Il revient de Jérusalem, le lieu de la religion, mais il en
revient avec un livre : le prophète Isaïe. Il est quelqu’un qui recherche. Il y
a en lui ce que l’Évangile de Jean appelle "l’attraction du Père". En
effet, on ne se met pas à lire les prophètes par hasard. Si cet homme recherche,
c’est parce que Dieu a déjà commencé à tirer sur le fil de son cœur. Mais il
est seul. Et cela fait si qu’il lit, mais il ne comprend pas. « Comment le
pourrais-je s’il n’y a personne pour me guider ? » C’est le cri de tant de
nos contemporains : ils ont le désir de Dieu, ils sentent une soif, mais ils ne
savent pas comment déchiffrer leur propre vie à la lumière de la Parole parce
qu’il n’y a personne pour les guider. L’Esprit Saint, par contre, ne vient pas
directement à l’eunuque, il lui envoie un membre de l’Eglise, le diacre Philippe,
qui ne vient pas lui imposer une doctrine, il vient s’asseoir à côté de lui,
dans son char, dans son histoire.
Deuxième Point : Le Serviteur souffrant, clé de notre histoire
L’eunuque, celui qui recherche et qui est stérile malgré sa
richesse, l’accueille tout de suite, et lui expose le passage qu’il lit,
en effet il lit le passage d’Isaïe sur la brebis conduite à l’abattoir. Et il
pose la question fondamentale : « De qui le prophète parle-t-il ? » A ce
moment, Philippe fait ce que Jésus a fait pour les disciples d’Emmaüs : il
part de l’Écriture pour annoncer Jésus. Il explique que cet agneau muet, ce
serviteur humilié à qui on a retranché la vie, c’est le Christ.
Pourquoi cela touche si profondément l’Éthiopien ? Parce que
cet homme, dans sa condition d’eunuque, connaît bien l’humiliation, il connaît
ce que signifie ne pas avoir de descendance, être "retranché" de la
vie pleine. En découvrant Jésus, il découvre que Dieu ne nous rejoint pas par la
gloire de nos trésors, mais par et dans les blessures de nos fragilités. Le
Christ est celui qui donne sa chair "pour la vie du monde". Philippe
lui annonce que la mort n’est plus une impasse, car le Serviteur a
traversé l’abattoir pour entrer dans la vie. Et enfin, le texte que
l'eunuque lisait ne parle pas uniquement d'un inconnu du passé, mais il parle
de lui, de sa soif d'exister et d'être aimé.
Troisième Point : L'attrait irrésistible de la Vie
Dans l'Évangile, Jésus nous révèle le secret de cette
rencontre : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne
l’attire ». La foi n'est pas un effort de volonté, c'est une réponse à quelqu’un
qui nous aime. L’Éthiopien de la première lecture n'a pas décidé de croire par
logique, il a été "aspiré" par l'amour de Dieu.
Jésus, en plus, se présente dans l’Évangile comme le
"Pain vivant". Contrairement à la manne du désert qui ne faisait que
repousser l'échéance de la mort, Jésus propose une nourriture qui transforme
notre nature profonde. « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée
pour la vie du monde. » Pour l'Éthiopien, le signe de cette vie donnée,
c'est l'eau qu'il voit soudain sur la route. « Qu’est-ce qui empêche que je
sois baptisé ? » Rien ne l'empêche ! Ni sa condition physique, ni son
passé, ni sa nationalité. Quand le Père attire un homme, toutes les barrières
tombent. Par baptême l’eunuque, prend part avec le Christ, il pourra manger ce
pain de vie, s'unir à la chair du Christ. Et le résultat, on voit dans le texte
qui est immédiat : la joie.
Philippe disparaît parce qu'il n'est plus nécessaire.
L'eunuque a maintenant la source en lui-même. Il poursuit sa route "tout
joyeux". Il était parti riche et vide, il rentre chez lui avec le seul
trésor qui ne se perd pas.
Conclusion et application pour notre journée
L'aventure de Philippe et de l'eunuque nous montre que Dieu
travaille toujours dans le secret des cœurs avant même que nous n'intervenions.
Ici je vous propose quelques conseils :
- Écouter les appels du désert : Parfois, ta
journée peut te sembler "déserte", sans saveur, ou tu te sens
"retranché" d'une certaine joie. C'est précisément là que
l'Esprit peut t'envoyer un Philippe (un ami, une parole, un événement), ou
tu peux tout simplement faire rappel de ta communauté, de ton Philippe,
l'église, de celui ou celle qui t'a annoncé la Parole ; ou parfois
l'Esprit peut te demander, à toi, d'être le Philippe de quelqu'un. En tout
cas, ne fuis pas les routes désertes.
- Se laisser attirer par le Père : La foi,
c'est cesser de résister. Aujourd'hui, sens-tu cette petite voix, ce désir
de prier, de lire, d'aimer ? C'est le Père qui t'attire vers son Fils. Ne
te demande pas si tu es "digne" ou si tu "comprends
tout". Monte simplement dans le char.
- Se nourrir du Pain vivant : Si tu le peux,
approche-toi de l'Eucharistie ou fais une communion spirituelle ;
essaye de faire plus que la communion une fois par semaine le dimanche.
Rappelle-toi que le Christ a donné sa chair pour ta vie. Tu n'es plus seul
dans ton humiliation ou ta fragilité ; Il habite ta chair pour faire habiter
en toi l'éternité.
Que la joie de l'eunuque baptisé soit notre force
aujourd'hui. Nous ne sommes pas des orphelins sur une route vide, mais des
enfants attirés par un Père qui nous donne le pain du Ciel.
Prière
Seigneur Jésus, Vrai Pain descendu du Ciel pour nous faire vivre, merci de nous envoyer Ton Esprit sur nos routes désertes. Délivre-nous de l'illusion que nos trésors matériels peuvent nous rassasier. Donne-nous l'humilité de l'eunuque éthiopien pour reconnaître que nous avons besoin de guides. Ouvre notre intelligence pour que nous comprenions que chaque épreuve est un chemin vers Toi. Père, continue de nous attirer avec douceur vers Ton Fils, et fais de nous des témoins joyeux, capables de s'asseoir à côté de ceux qui cherchent sans savoir, afin que le monde trouve en Toi la Vie éternelle. Amen.
[Pt-Br] Meditação: A estrada deserta e a atração do Pai
Leituras da Missa: At 8, 26-40; Salmo 65/66; Jo 6, 44-51
Primeiro Ponto: A pobreza escondida atrás do poder
Na primeira leitura dos Atos dos Apóstolos, vemos o diácono Filipe sendo enviado pelo Espírito para a estrada que desce de Jerusalém a Gaza. O texto faz questão de precisar que ela «é deserta». Espiritualmente, o deserto é o lugar da verdade. É ali que não se pode mais trapacear. Nesta estrada, há um homem, um eunuco etíope. O texto o apresenta como um personagem poderoso: ele é o administrador de todos os tesouros de uma rainha. Ele possui tudo, mas lhe falta o essencial. Como eunuco, segundo a lei antiga, ele é um homem excluído, ou seja, alguém que não pode transmitir a vida, um "estéril" apesar de suas riquezas.
Ele volta de Jerusalém, o lugar da religião, mas volta com um livro: o profeta Isaías. Ele é alguém que busca. Há nele o que o Evangelho de João chama de "atração do Pai". De fato, ninguém se põe a ler os profetas por acaso. Se este homem busca, é porque Deus já começou a puxar o fio do seu coração. Mas ele está sozinho. E isso faz com que ele leia, mas não compreenda. «Como poderei compreender, se ninguém me guiar?» É o grito de tantos dos nossos contemporâneos: eles têm desejo de Deus, sentem uma sede, mas não sabem como decifrar a própria vida à luz da Palavra porque não há ninguém para guiá-los. O Espírito Santo, por outro lado, não vem diretamente ao eunuco; Ele lhe envia um membro da Igreja, o diácono Filipe, que não vem lhe impor uma doutrina, mas vem sentar-se ao seu lado, no seu carro, na sua história.
Segundo Ponto: O Servo Sofredor, chave da nossa história
O eunuco, aquele que busca e que é estéril apesar de sua riqueza, o acolhe imediatamente e lhe expõe o trecho que está lendo; de fato, ele lê a passagem de Isaías sobre a ovelha conduzida ao matadouro. E faz a pergunta fundamental: «Peço-te que me digas: de quem fala o profeta?» Nesse momento, Filipe faz o que Jesus fez pelos discípulos de Emaús: parte da Escritura para anunciar Jesus. Ele explica que esse cordeiro mudo, esse servo humilhado a quem a vida foi tirada, é o Cristo.
Por que isso toca tão profundamente o etíope? Porque esse homem, em sua condição de eunuco, conhece bem a humilhação; ele conhece o que significa não ter descendência, ser "cortado" da vida plena. Ao descobrir Jesus, ele descobre que Deus não nos alcança pela glória dos nossos tesouros, mas pelas e nas feridas das nossas fragilidades. O Cristo é aquele que dá a sua carne "pela vida do mundo". Filipe lhe anuncia que a morte não é mais um beco sem saída, pois o Servo atravessou o matadouro para entrar na vida. E, finalmente, o texto que o eunuco lia não fala apenas de um desconhecido do passado, mas fala dele, da sua sede de existir e de ser amado.
Terceiro Ponto: O atrativo irresistível da Vida
No Evangelho, Jesus nos revela o segredo desse encontro: «Ninguém pode vir a mim, se o Pai que me enviou não o atrair». A fé não é um esforço de vontade, é uma resposta a Alguém que nos ama. O etíope da primeira leitura não decidiu acreditar por lógica; ele foi "aspirado" pelo amor de Deus.
Jesus, além disso, apresenta-se no Evangelho como o "Pão vivo". Diferente do maná do deserto, que apenas adiava o momento da morte, Jesus propõe um alimento que transforma nossa natureza profunda. «O pão que eu darei é a minha carne, dada para a vida do mundo.» Para o etíope, o sinal dessa vida doada é a água que ele vê subitamente na estrada. «Que impede que eu seja batizado?» Nada o impede! Nem sua condição física, nem seu passado, nem sua nacionalidade. Quando o Pai atrai um homem, todas as barreiras caem. Pelo batismo, o eunuco toma parte com o Cristo; ele poderá comer desse pão da vida, unir-se à carne de Cristo. E o resultado vemos no texto que é imediato: a alegria.
Filipe desaparece porque não é mais necessário. O eunuco agora tem a fonte em si mesmo. Ele segue sua estrada "cheio de alegria". Tinha partido rico e vazio, e volta para casa com o único tesouro que não se perde.
Conclusion e aplicação para o nosso dia
A aventura de Filipe e do eunuco nos mostra que Deus trabalha sempre no segredo dos corações, antes mesmo que nós intervenhamos. Aqui, proponho alguns conselhos:
Escutar os apelos do deserto: Às vezes, o seu dia pode parecer "deserto", sem sabor, ou você se sente "cortado" de uma certa alegria. É precisamente ali que o Espírito pode lhe enviar um Filipe (um amigo, uma palavra, um evento), ou você pode simplesmente recordar a sua comunidade, o seu Filipe, a Igreja, aquele ou aquela que lhe anunciou a Palavra; ou, às vezes, o Espírito pode pedir a você que seja o Filipe de alguém. Em todo caso, não fuja das estradas desertas.
Deixar-se atrair pelo Pai: A fé é deixar de resistir. Hoje, você sente essa pequena voz, esse desejo de rezar, de ler, de amar? É o Pai que o atrai para o seu Filho. Não se pergunte se você é "digno" ou se "entende tudo". Simplesmente suba no carro.
Alimentar-se do Pão vivo: Se puder, aproxime-se da Eucaristia ou faça uma comunhão espiritual; tente fazer mais do que a comunhão uma vez por semana no domingo. Lembre-se de que o Cristo deu a sua carne pela sua vida. Você não está mais sozinho na sua humilhação ou na sua fragilidade; Ele habita a sua carne para fazer habitar em você a eternidade.
Que a alegria do eunuco batizado seja a nossa força hoje. Não somos órfãos em uma estrada vazia, mas filhos atraídos por um Pai que nos dá o pão do Céu.
Oração
Senhor Jesus, Verdadeiro Pão descido do Céu para nos fazer viver, obrigado por nos enviares o Teu Espírito em nossas estradas desertas. Livra-nos da ilusão de que nossos tesouros materiais podem nos saciar. Dá-nos a humildade do eunuco etíope para reconhecermos que precisamos de guias. Abre a nossa inteligência para que compreendamos que cada provação é um caminho para Ti. Pai, continua a nos atrair com doçura para o Teu Filho, e faz de nós testemunhas alegres, capazes de nos sentarmos ao lado daqueles que buscam sem saber, para que o mundo encontre em Ti a Vida eterna. Amém.
[It] Meditazione: La strada deserta e l'attrazione del Padre
Letture della Messa: At 8, 26-40; Salmo 65/66; Gv 6, 44-51
Primo Punto: La povertà nascosta dietro il potere
Nella prima lettura degli Atti degli Apostoli, vediamo il diacono Filippo inviato dallo Spirito sulla strada che scende da Gerusalemme a Gaza. Il testo tiene a precisare che essa «è deserta». Spiritualmente, il deserto è il luogo della verità. È lì che non si può più barare. Su questa strada c'è un uomo, un eunuco etiope. Il testo ce lo presenta come un personaggio potente: è l'amministratore di tutti i tesori di una regina. Possiede tutto, ma gli manca l'essenziale. In quanto eunuco, secondo la legge antica, è un uomo escluso, cioè qualcuno che non può trasmettere la vita, un "sterile" nonostante le sue ricchezze.
Egli torna da Gerusalemme, il luogo della religione, ma ne torna con un libro: il profeta Isaia. È uno che cerca. C'è in lui ciò che l'Evangelo di Giovanni chiama "l'attrazione del Padre". Infatti, non ci si mette a leggere i profeti per caso. Se quest'uomo cerca, è perché Dio ha già iniziato a tirare il filo del suo cuore. Ma è solo. E questo fa sì che legga, ma non comprenda. «E come potrei, se nessuno mi guida?». È il grido di tanti nostri contemporanei: hanno desiderio di Dio, sentono una sete, ma non sanno come decifrare la propria vita alla luce della Parola perché non c'è nessuno che li guidi. Lo Spirito Santo, invece, non va direttamente dall'eunuco, ma gli invia un membro della Chiesa, il diacono Filippo, che non viene a imporgli una dottrina, ma si siede accanto a lui, nel suo carro, nella sua storia.
Secondo Punto: Il Servo sofferente, chiave della nostra storia
L'eunuco, colui che cerca ed è sterile nonostante la sua ricchezza, lo accoglie subito e gli espone il brano che sta leggendo; infatti, legge il passo di Isaia sulla pecora condotta al macello. E pone la domanda fondamentale: «Di chi il profeta dice questo?». In quel momento, Filippo fa ciò che Gesù ha fatto per i discepoli di Emmaus: parte dalla Scrittura per annunciare Gesù. Spiega che quell'agnello muto, quel servo umiliato a cui è stata tolta la vita, è il Cristo.
Perché questo tocca così profondamente l'etiope? Perché quest'uomo, nella sua condizione di eunuco, conosce bene l'umiliazione, conosce cosa significhi non avere discendenza, essere "tagliato fuori" dalla vita piena. Scoprendo Gesù, scopre che Dio non ci raggiunge attraverso la gloria dei nostri tesori, ma attraverso e nelle ferite delle nostre fragilità. Il Cristo è colui che dona la sua carne "per la vita del mondo". Filippo gli annuncia che la morte non è più un vicolo cieco, perché il Servo ha attraversato il macello per entrare nella vita. E finalmente, il testo che l'eunuco leggeva non parla solo di uno sconosciuto del passato, ma parla di lui, della sua sete di esistere e di essere amato.
Terzo Punto: L'attrattiva irresistibile della Vita
Nel Vangelo, Gesù ci svela il segreto di questo incontro: «Nessuno può venire a me, se non lo attira il Padre che mi ha mandato». La fede non è uno sforzo di volontà, è una risposta a Qualcuno che ci ama. L'etiope della prima lettura non ha deciso di credere per logica, è stato "aspirato" dall'amore di Dio.
Gesù, inoltre, si presenta nel Vangelo come il "Pane vivo". Al contrario della manna del deserto che non faceva che rimandare la scadenza della morte, Gesù propone un nutrimento che trasforma la nostra natura profonda. «Il pane che io darò è la mia carne per la vita del mondo». Per l'etiope, il segno di questa vita donata è l'acqua che vede improvvisamente sulla strada. «Ecco l'acqua; che cosa impedisce che io sia battezzato?». Nulla lo impedisce! Né la sua condizione fisica, né il suo passato, né la sua nazionalità. Quando il Padre attira un uomo, tutte le barriere cadono. Con il battesimo l'eunuco prende parte al Cristo, potrà mangiare questo pane di vita, unirsi alla carne di Cristo. E il risultato, lo vediamo nel testo, è immediato: la gioia.
Filippo scompare perché non è più necessario. L'eunuco ha ormai la sorgente in se stesso. Prosegue la sua strada "pieno di gioia". Era partito ricco e vuoto, torna a casa con l'unico tesoro che non si perde.
Conclusione e applicazione per la nostra giornata
L'avventura di Filippo e dell'eunuco ci mostra che Dio lavora sempre nel segreto dei cuori ancora prima che noi interveniamo. Ecco alcuni consigli:
Ascoltare le chiamate del deserto: A volte la tua giornata può sembrarti "deserta", senza sapore, o ti senti "tagliato fuori" da una certa gioia. È proprio lì che lo Spirito può inviarti un Filippo (un amico, una parola, un evento), o puoi semplicemente fare appello alla tua comunità, al tuo Filippo, alla Chiesa, a colui o colei che ti ha annunciato la Parola; o a volte lo Spirito può chiedere a te di essere il Filippo di qualcuno. In ogni caso, non fuggire le strade deserte.
Lasciarsi attirare dal Padre: La fede è smettere di resistere. Oggi senti questa piccola voce, questo desiderio di pregare, di leggere, di amare? È il Padre che ti attira verso suo Figlio. Non chiederti se sei "degno" o se "capisci tutto". Sali semplicemente sul carro.
Nutrirsi del Pane vivo: Se puoi, accostati all'Eucaristia o fa' una comunione spirituale; cerca di fare più della sola comunione domenicale. Ricordati che il Cristo ha dato la sua carne per la tua vita. Non sei più solo nella tua umiliazione o nella tua fragilità; Egli abita la tua carne per far abitare in te l'eternità.
Che la gioia dell'eunuco battezzato sia la nostra forza oggi. Non siamo orfani su una strada vuota, ma figli attirati da un Padre che ci dona il pane del Cielo.
Preghiera
Signore Gesù, Vero Pane disceso dal Cielo per farci vivere, grazie per averci inviato il Tuo Spirito sulle nostre strade deserte. Liberaci dall'illusione che i nostri tesori materiali possano saziarci. Donaci l'umiltà dell'eunuco etiope per riconoscere che abbiamo bisogno di guide. Apri la nostra intelligenza perché comprendiamo che ogni prova è un cammino verso di Te. Padre, continua ad attirarci con dolcezza verso Tuo Figlio, e fa' di noi dei testimoni gioiosi, capaci di sederci accanto a coloro che cercano senza sapere, affinché il mondo trovi in Te la Vita eterna. Amen.
[En] Meditation: The Desert Road and the Father’s Attraction
Mass Readings: Acts 8:26-40; Psalm 66; John 6:44-51
First Point: The Poverty Hidden Behind Power
In the first reading from the Acts of the Apostles, we see the deacon Philip sent by the Spirit onto the road that descends from Jerusalem to Gaza. The text makes a point of specifying that «it is desert.» Spiritually, the desert is the place of truth. It is there that one can no longer cheat. On this road, there is a man, an Ethiopian eunuch. The text presents him as a powerful figure: he is the administrator of all the treasures of a queen. He possesses everything, yet he lacks the essential. As a eunuch, according to the ancient law, he is an excluded man—someone who cannot transmit life, "sterile" despite his riches.
He is returning from Jerusalem, the place of religion, but he returns with a book: the prophet Isaiah. He is a seeker. Within him is what the Gospel of John calls "the Father’s attraction." Indeed, one does not start reading the prophets by chance. If this man is searching, it is because God has already begun to pull the thread of his heart. But he is alone. This leads him to read without understanding. «How can I, unless someone guides me?» This is the cry of so many of our contemporaries: they have a desire for God, they feel a thirst, but they do not know how to decipher their own lives in the light of the Word because there is no one to guide them. The Holy Spirit, however, does not come directly to the eunuch; He sends a member of the Church, the deacon Philip, who does not come to impose a doctrine, but comes to sit beside him, in his chariot, in his history.
Second Point: The Suffering Servant, the Key to Our History
The eunuch—the one who searches and who is sterile despite his wealth—welcomes him immediately and lays out the passage he is reading; in fact, he is reading the passage from Isaiah about the sheep led to the slaughter. He asks the fundamental question: «About whom, may I ask you, is the prophet saying this?» At that moment, Philip does what Jesus did for the disciples of Emmaus: he starts from the Scripture to announce Jesus. He explains that this silent lamb, this humiliated servant whose life was cut off, is the Christ.
Why does this touch the Ethiopian so deeply? Because this man, in his condition as a eunuch, knows humiliation well; he knows what it means to have no descendants, to be "cut off" from a full life. In discovering Jesus, he discovers that God does not reach us through the glory of our treasures, but through and in the wounds of our frailties. Christ is the one who gives his flesh "for the life of the world." Philip announces to him that death is no longer a dead end, for the Servant has passed through the slaughterhouse to enter into life. Finally, the text the eunuch was reading does not speak only of a stranger from the past, but speaks of him—of his thirst to exist and to be loved.
Third Point: The Irresistible Attraction of Life
In the Gospel, Jesus reveals to us the secret of this encounter: «No one can come to me unless the Father who sent me draw him.» Faith is not an effort of willpower; it is a response to Someone who loves us. The Ethiopian in the first reading did not decide to believe through logic; he was "breathed in" by the love of God.
Furthermore, Jesus presents Himself in the Gospel as the "Living Bread." Unlike the manna in the desert, which only postponed the moment of death, Jesus proposes a nourishment that transforms our deepest nature. «The bread that I will give is my flesh for the life of the world.» For the Ethiopian, the sign of this life given is the water he suddenly sees on the road. «What is to prevent my being baptized?» Nothing prevents him! Not his physical condition, not his past, not his nationality. When the Father draws a man, all barriers fall. Through baptism, the eunuch takes part in Christ; he can eat this bread of life and unite himself to the flesh of Christ. And the result, as we see in the text, is immediate: joy.
Philip disappears because he is no longer necessary. The eunuch now has the source within himself. He continues his journey "full of joy." He had set out rich and empty, and he returns home with the only treasure that can never be lost.
Conclusion and Application for Our Day
The adventure of Philip and the eunuch shows us that God is always working in the secret of hearts even before we intervene. Here are a few pieces of advice:
Listen to the calls of the desert: Sometimes your day may seem "deserted," tasteless, or you feel "cut off" from a certain joy. It is precisely there that the Spirit may send you a Philip (a friend, a word, an event), or you can simply recall your community, your "Philip"—the Church, the one who first announced the Word to you. Or perhaps the Spirit is asking you to be someone else's Philip. In any case, do not flee the desert roads.
Let yourself be drawn by the Father: Faith is ceasing to resist. Today, do you feel that small voice, that desire to pray, to read, to love? It is the Father drawing you toward His Son. Do not ask yourself if you are "worthy" or if you "understand everything." Simply get into the chariot.
Feed on the Living Bread: If you can, approach the Eucharist or make a spiritual communion; try to do more than just the once-a-week Sunday communion. Remember that Christ gave His flesh for your life. You are no longer alone in your humiliation or your fragility; He inhabits your flesh to make eternity dwell within you.
May the joy of the baptized eunuch be our strength today. We are not orphans on an empty road, but children drawn by a Father who gives us the bread of Heaven.
Prayer
Lord Jesus, True Bread come down from Heaven to give us life, thank You for sending Your Spirit onto our desert roads. Deliver us from the illusion that our material treasures can satisfy us. Give us the humility of the Ethiopian eunuch to recognize that we need guides. Open our intelligence so that we may understand that every trial is a path toward You. Father, continue to draw us gently toward Your Son, and make us joyful witnesses, capable of sitting beside those who search without knowing, so that the world may find in You eternal Life. Amen.
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