Quatrième Dimanche du Temps Pascal (Fr, Pt, It, En)
| Le Bon Berger, vers 1650-1660 de Philippe de Champaigne. |
[Fr] Méditation : La Voix qui nous rend notre Nom
Lectures de la Messe : Ac 2, 14a.36-41 ; Psaume 22 (23) ;
1 P 2, 20b-25 ; Jn 10, 1-10
Premier Point : La blessure nécessaire de la Parole
Dans la première lecture, nous assistons à l'aboutissement
du discours de Pierre après la Pentecôte. Devant la foule qui était à
Jérusalem, Pierre ne fait pas de la diplomatie, en effet, il pointe du doigt contre
ses auditeur en leur disant : « Ce Jésus
que vous aviez crucifié, Dieu l’a fait Seigneur et Christ. » Mais le texte
nous dit que les auditeurs furent « touchés
au cœur ». En grec, le verbe utilisé (κατενύγησαν τὴν καρδίαν) signifie
littéralement « transpercer, poigner, piqué profondément au cœur ».
C'est là où tout commence : pour entendre le Bon
Pasteur, il faut d'abord accepter, permettre que notre cœur soit transpercé. Parce
que tant que nous sommes blindés derrière nos justifications, nos succès ou
notre apparente "bonne santé" spirituelle, la voix du Pasteur resta
toujours un concept lointain. La Parole de Dieu n'est pas une caresse
lénifiante ; elle est plutôt un scalpel d'amour qui vient ouvrir l'abcès de nos
fausses sécurités. C’est alors que ses hommes au cœur transpercés demandent : «
Que devons-nous faire ? ». Ils ne
demandent pas une théorie, ils demandent une issue.
Le Bon Pasteur se manifeste d'abord comme celui qui nous dit
la vérité sur nous-mêmes. Pierre, remplit de l’Esprit Saint leur répond : « Convertissez-vous ». Se convertir ce
n'est pas "devenir gentil", quelqu’un de bien, mais plutôt changer de
direction, c'est renoncer à l’autocontrôle et passer de la gestion de soi à
l'accueil de l'Autre. C'est comprendre que le péché n'est pas seulement une
faute morale, mais l'erreur tragique de s'être choisi un mauvais berger : les
inclinations mauvaises, son propre ego, l'opinion des autres, la quête du
pouvoir, tout ce qui n’est pas Jésus Christ. Être "touché au cœur",
c'est la grâce de percevoir la vérité des choses et se reconnaître perdu, car
c'est la condition sine qua non pour être enfin trouvé.
Deuxième Point : L'identité retrouvée par l'écoute
Dans l'Évangile de Jean, Jésus nous parle de l'intimité entre
le Berger et son troupeau. Il dit une chose bouleversante : « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par
son nom ».
Réfléchissons un instant sur ce point-là : qu'est-ce qu'un
nom ? Un nom c'est notre identité la plus profonde. Dans notre société de
masse, nous sommes souvent des numéros, des profils, des consommateurs, des
statistiques… Mais pour le Christ, tu es une personne unique ! Le Pasteur
ne crie pas pour rassembler une masse, mais Il parle à chacune, Il murmure pour
appeler un sujet. Donc le Pasteur connaît ton nom, c'est-à-dire qu'Il connaît
tes blessures, tes hontes, tes désirs secrets que tu n'as jamais osé dire à
personne, et même tes capacités que tu ignores encore.
Jésus oppose le Pasteur au « voleur », et qui est le voleur
dans nos vies ? C'est tout ce qui entre "par effraction" dans notre
âme, c’est l'angoisse qui s'installe sans demander la permission, le sentiment
de culpabilité qui nous ronge, l'envie qui nous dévore... Le voleur « vient pour voler, égorger, faire périr
», il nous traite comme des objets. Le Pasteur, par contre, passe par la Porte,
Il respecte notre liberté ; Il attend jusqu’à ce que nous reconnaissions
Sa voix. La maturité spirituelle, en effet, c'est d'apprendre à distinguer la
voix du Pasteur des "voix étrangères". La voix de l'étranger est une
voix qui accuse, qui diminue, qui rend esclave de la performance. La voix du
Pasteur est une voix qui rend libre, qui donne du poids à notre existence :
« les brebis le suivent car elles
connaissent sa voix ». A fin des comptes, on ne suit pas Jésus parce qu'on
a compris tout le catéchisme, on Le suit parce que Sa voix résonne avec notre
soif d'éternité comme aucune autre voix sur la terre.
Troisième Point : La Porte de la vraie liberté
Jésus utilise une autre image : « Moi, je suis la porte ». C'est une image de passage. Une porte
n'est pas un mur, c’est évident, mais c’est important de le rappeler, parce que
le drame de beaucoup de chrétiens est de transformer la foi en un enclos fermé,
en une prison de règles. Mais Jésus dit justement au contraire : « Si quelqu’un entre en passant par moi, il
sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. »
On peut voir que la vie avec le Christ est un mouvement de
va-et-vient. On "entre" pour se nourrir, pour se reposer sur Son
cœur, pour l'intimité de la prière. Et on "sort" pour vivre dans le
monde, pour travailler, pour aimer, pour témoigner. Être chrétien, ce n'est pas
vivre en dehors du monde, en effet on vit dans le monde mais en passant
toujours par la "Porte" qui est le Christ Jésus.
Cela signifie que Jésus est le critère de notre rapport à la
réalité. Si je passe par Lui pour regarder mon prochain, par exemple, je ne
verrai plus un ennemi mais un frère. Et si je passe par Lui pour regarder mon
échec, je n'y verrai plus une fin mais une occasion, un chemin de croix vers la
résurrection… Passer par la porte donc, c'est sortir de l'enfermement sur
soi-même pour trouver le "pâturage", c'est-à-dire le lieu où la vie a
du sens et nourrir mon existence. Le voleur, par contre, veut nous garder
enfermés dans nos peurs, en tant que Jésus nous pousse dehors, vers la vie, parce
qu’Il est venu pour que nous ayons « la
vie en abondance ». L'abondance, ce n'est pas avoir « plus de choses »,
c'est être « plus vivant », plus intense.
Quatrième Point : Suivre les traces dans la nuit
Mais pour aller au-delà des beaux discours, on pourrait
s’interroger qu’est-ce qui se passe quand le chemin devient obscur ? Le Psaume d’aujourd’hui
(le 22) nous rassure : « Si je traverse
les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi ». Soyons
concrets : le Bon Pasteur ne nous promet pas une vie sans
"ravins". Il nous promet Sa présence au milieu des ravin.
Saint Pierre, dans la deuxième lecture, il nous rappelle que
nous sommes des « guéris ». Mais
comment sommes-nous guéris ? Il nous répond : « Par ses blessures ». Voilà le paradoxe : notre Pasteur est un
Pasteur blessé ; Il est quelqu’un qui connaît la souffrance parce qu'Il
l'a portée dans Son propre corps ; Il a été insulté sans rendre l'insulte ;
Il ne s'est pas défendu avec la violence du monde, mais avec l'abandon, en
faisant confiance au Père.
Suivre les traces du Christ, en tant que ses disciples,
c'est accepter que nos propres blessures ne soient plus des obstacles à la vie,
mais les canaux par lesquels Sa grâce circule. On était « errants comme des brebis », dit Pierre. L'errance, en effet, c'est
de croire que nos souffrances n'ont pas de sens. Le retour vers le Pasteur, on
le concrétise en découvrant que nos cicatrices sont le lieu même où Il nous a
cherchés et trouvés. Le Bon Pasteur est le « gardien de nos âmes », Il est celui qui empêche que notre vie se
fragmente et se perde dans le néant. Dans le ravin de la dépression, du deuil,
de la maladie, de la trahison ou de n’importe quelle tribulation on puisse se
trouver, Son bâton nous guide ! Et Son bâton c'est la Croix, l'appui
solide qui nous rappelle que l'Amour a déjà vaincu la mort.
Conclusion et application pour notre journée
Ce dimanche du Bon Pasteur n'est pas une poésie bucolique, mais
plutôt un appel à la décision. Donc, comme toujours, trois conseils d’application
pratique personnelle.
- Désencombrer l'oreille : Aujourd'hui,
quelles sont les voix que tu laisses parler en toi ? Est-ce que ce sont des
voix de voleurs qui te disent que tu n'es jamais assez bien, que tu dois
posséder plus, ou que Dieu est un juge sévère … ? Fais silence et cherche
la voix douce qui t'appelle par ton nom : c'est la seule qui compte.
- Passer par la Porte : Pour chaque décision,
petite ou grande, de cette semaine, demande-toi : « Est-ce que je passe
par la Porte ? Est-ce que cette action me rend plus semblable à Jésus ? ».
Si tu passes par Lui, tu trouveras toujours un chemin de vie, même là où
les autres ne voient que des murs.
- Habiter le ravin : Si tu es dans une période
difficile, ne regarde pas seulement l'obscurité du ravin. Cherche les
traces du Pasteur. Il est passé par là avant toi. Il a laissé Ses pas dans
la boue de nos épreuves pour que nous n'ayons plus jamais peur d'être
seuls.
Le Seigneur est ton Pasteur, et Il prépare une table pour
toi, ici et maintenant : ne crains rien ! Grâce et bonheur
t'accompagneront, non parce que tu es parfait, mais parce qu'Il est fidèle.
Le Seigneur marche à votre tête. Quel est le premier pas
qu'Il vous invite à faire aujourd'hui ?
Prière
Seigneur Jésus, Toi le Bon Pasteur qui ne se résigne jamais
à la perte de l'un des Tiens, merci de nous appeler par notre nom. Pardonne-nous
quand nous nous bouchons les oreilles pour ne pas entendre Ta voix qui nous
invite à quitter nos enclos de peur. Touche notre cœur, transperce nos
carapaces, pour que nous ayons le courage de Te demander : « Que devons-nous
faire ? ». Rends-nous la joie d'être Tes brebis, heureuses de Te suivre, même
dans les ravins d'ombre, sûres que Tes blessures sont notre seule guérison. Fais
de nous des témoins de Ta vie en abondance, pour que le monde reconnaisse, à
travers notre paix, que Tu es le seul vrai Gardien de nos âmes. Amen.
Au Nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
[PT-BR] Meditação: A Voz que nos devolve o nosso Nome
Leituras da Missa: At 2, 14a.36-41; Salmo 22 (23); 1 Pe 2, 20b-25; Jo 10, 1-10
Primeiro Ponto: A ferida necessária da Palavra
Na primeira leitura, assistimos ao ponto culminante do discurso de Pedro após o Pentecostes. Diante da multidão que estava em Jerusalém, Pedro não usa de diplomacia; na verdade, ele aponta o dedo para os seus ouvintes dizendo: «A esse Jesus que vós crucificastes, Deus o constituiu Senhor e Cristo». O texto nos diz que os ouvintes ficaram «tocados no coração». Em grego, o verbo utilizado (katanygēsan tēn kardian) significa literalmente «atravessar, apunhalar, ferir profundamente o coração».
É aqui que tudo começa: para ouvir o Bom Pastor, é preciso primeiro aceitar, permitir que o nosso coração seja atravessado. Porque, enquanto estivermos blindados atrás de nossas justificativas, de nossos sucessos ou de nossa aparente "boa saúde" espiritual, a voz do Pastor será sempre apenas um conceito distante. A Palavra de Deus não é uma carícia anestesiante; ela é, antes, um bisturi de amor que vem abrir o abscesso de nossas falsas seguranças. É então que esses homens, de coração transpassado, perguntam: «Que devemos fazer?». Eles não pedem uma teoria, eles pedem uma saída.
O Bom Pastor se manifesta primeiro como aquele que nos diz a verdade sobre nós mesmos. Pedro, cheio do Espírito Santo, responde: «Convertei-vos». Converter-se não é "tornar-se bonzinho" ou alguém de bem, mas sim mudar de direção; é renunciar ao autocontrole e passar da gestão de si mesmo para o acolhimento do Outro. É compreender que o pecado não é apenas uma falha moral, mas o erro trágico de ter escolhido para si um mau pastor: as más inclinações, o próprio ego, a opinião dos outros, a busca pelo poder, tudo o que não é Jesus Cristo. Ser "tocado no coração" é a graça de perceber a verdade das coisas e reconhecer-se perdido, pois esta é a condição sine qua non para ser, enfim, encontrado.
Segundo Ponto: A identidade recuperada pela escuta
No Evangelho de João, Jesus nos fala da intimidade entre o Pastor e o seu rebanho. Ele diz algo avassalador: «Ele chama as suas ovelhas, cada uma pelo seu nome».
Reflitamos um instante sobre este ponto: o que é um nome? Um nome é a nossa identidade mais profunda. Em nossa sociedade de massa, somos frequentemente números, perfis, consumidores, estatísticas... Mas, para o Cristo, tu és uma pessoa única! O Pastor não grita para reunir uma massa, mas fala a cada uma; Ele sussurra para chamar um sujeito. Portanto, o Pastor conhece o teu nome, ou seja, Ele conhece as tuas feridas, as tuas vergonhas, os teus desejos secretos que nunca ousaste contar a ninguém e até mesmo as tuas capacidades que ainda ignoras.
Jesus opõe o Pastor ao «ladrão». E quem é o ladrão em nossas vidas? É tudo o que entra "por arrombamento" em nossa alma; é a angústia que se instala sem pedir licença, o sentimento de culpa que nos corrói, a inveja que nos devora... O ladrão «vem para roubar, matar e destruir», ele nos trata como objetos. O Pastor, por outro lado, passa pela Porta; Ele respeita a nossa liberdade; Ele espera até que reconheçamos a Sua voz. A maturidade espiritual, de fato, é aprender a distinguir a voz do Pastor das "vozes estrangeiras". A voz do estrangeiro é uma voz que acusa, que diminui, que nos torna escravos da performance. A voz do Pastor é uma voz que liberta, que dá peso à nossa existência: «as ovelhas o seguem, porque conhecem a sua voz». No fim das contas, não seguimos Jesus porque entendemos todo o catecismo; seguimo-Lo porque a Sua voz ressoa com a nossa sede de eternidade como nenhuma outra voz na terra.
Terceiro Ponto: A Porta da verdadeira liberdade
Jesus utiliza outra imagem: «Eu sou a porta». É uma imagem de passagem. Uma porta não é um muro, isso é óbvio, mas é importante lembrá-lo, porque o drama de muitos cristãos é transformar a fé em um curral fechado, em uma prisão de regras. Mas Jesus diz justamente o contrário: «Se alguém entrar por mim, será salvo; entrará e sairá e encontrará pastagem».
Podemos ver que a vida com o Cristo é um movimento de ir e vir. "Entramos" para nos alimentar, para repousar em Seu coração, para a intimidade da oração. E "saímos" para viver no mundo, para trabalhar, para amar, para testemunhar. Ser cristão não é viver fora do mundo; de fato, vivemos no mundo, mas passando sempre pela "Porta" que é Cristo Jesus.
Isso significa que Jesus é o critério da nossa relação com a realidade. Se eu passo por Ele para olhar o meu próximo, por exemplo, não verei mais um inimigo, mas um irmão. E se eu passo por Ele para olhar o meu fracasso, não verei nele um fim, mas uma ocasião, um caminho de cruz em direção à ressurreição... Passar pela porta, portanto, é sair do enclausuramento em si mesmo para encontrar a "pastagem", ou seja, o lugar onde a vida tem sentido e nutre a minha existência. O ladrão, por outro lado, quer nos manter presos em nossos medos, enquanto Jesus nos impulsiona para fora, para a vida, porque Ele veio para que tenhamos «vida em abundância». A abundância não é ter "mais coisas", é ser "mais vivo", mais intenso.
Quarto Ponto: Seguir os rastros na noite
Mas, para irmos além dos belos discursos, poderíamos nos perguntar: o que acontece quando o caminho se torna obscuro? O Salmo de hoje (o 22) nos tranquiliza: «Ainda que eu passe pelo vale da sombra da morte, não temerei mal algum, porque tu estás comigo». Sejamos concretos: o Bom Pastor não nos promete uma vida sem "vales". Ele nos promete a Sua presença no meio do vale.
São Pedro, na segunda leitura, nos lembra que fomos «curados». Mas como fomos curados? Ele nos responde: «Por suas feridas». Eis o paradoxo: o nosso Pastor é um Pastor ferido; Ele é alguém que conhece o sofrimento porque o carregou em Seu próprio corpo; Ele foi insultado sem retribuir o insulto; não se defendeu com a violência do mundo, mas com o abandono, confiando no Pai.
Seguir os rastros de Cristo, como seus discípulos, é aceitar que as nossas próprias feridas não sejam mais obstáculos à vida, mas os canais pelos quais a Sua graça circula. Estávamos «errantes como ovelhas», diz Pedro. A errância, de fato, é acreditar que os nossos sofrimentos não têm sentido. O retorno ao Pastor se concretiza ao descobrirmos que as nossas cicatrizes são o lugar exato onde Ele nos procurou e nos encontrou. O Bom Pastor é o «guardião de nossas almas», Ele é aquele que impede que a nossa vida se fragmente e se perca no nada. No vale da depressão, do luto, da doença, da traição ou de qualquer tribulação em que possamos estar, o Seu cajado nos guia! E o Seu cajado é a Cruz, o apoio sólido que nos lembra que o Amor já venceu a morte.
Conclusão e aplicação para o nosso dia
Este domingo do Bom Pastor não é uma poesia bucólica, mas sim um chamado à decisão. Portanto, como sempre, três conselhos de aplicação prática pessoal:
Desobstruir o ouvido: Hoje, quais são as vozes que você deixa falar dentro de você? São vozes de ladrões que dizem que você nunca é bom o suficiente, que você deve possuir mais, ou que Deus é um juiz severo...? Faça silêncio e busque a voz doce que o chama pelo nome: é a única que conta.
Passar pela Porta: Para cada decisão, pequena ou grande, desta semana, pergunte-se: «Estou passando pela Porta? Esta ação me torna mais semelhante a Jesus?». Se você passar por Ele, encontrará sempre um caminho de vida, mesmo onde os outros só veem muros.
Habitar o vale: Se você está em um período difícil, não olhe apenas para a escuridão do vale. Busque os rastros do Pastor. Ele passou por ali antes de você. Ele deixou os Seus passos na lama de nossas provações para que nunca mais tenhamos medo de estar sozinhos.
O Senhor é o seu Pastor, e Ele prepara uma mesa para você, aqui e agora: não tema nada! Graça e felicidade o acompanharão, não porque você seja perfeito, mas porque Ele é fiel.
O Senhor caminha à vossa frente. Qual é o primeiro passo que Ele o convida a dar hoje?
Oração
Senhor Jesus, Tu, o Bom Pastor que nunca se resigna com a perda de um dos Teus, obrigado por nos chamares pelo nome. Perdoa-nos quando tapamos os ouvidos para não ouvir a Tua voz que nos convida a deixar nossos currais de medo. Toca o nosso coração, atravessa as nossas carapaças, para que tenhamos a coragem de Te perguntar: «Que devemos fazer?». Devolve-nos a alegria de sermos Tuas ovelhas, felizes em Te seguir, mesmo nos vales de sombra, certos de que as Tuas feridas são a nossa única cura. Faz de nós testemunhas da Tua vida em abundância, para que o mundo reconheça, através da nossa paz, que Tu és o único e verdadeiro Guardião de nossas almas. Amém.
Em Nome do Pai, e do Filho, e do Espírito Santo. Amém.
[IT] Meditazione: La Voce che ci restituisce il nostro Nome
Letture della Messa: At 2, 14a.36-41; Salmo 22 (23); 1 Pt 2, 20b-25; Gv 10, 1-10
Primo Punto: La ferita necessaria della Parola
Nella prima lettura, assistiamo al culmine del discorso di Pietro dopo la Pentecoste. Davanti alla folla riunita a Gerusalemme, Pietro non fa diplomazia; al contrario, punta il dito contro i suoi uditori dicendo: «Sappia dunque con certezza tutta la casa d’Israele: Dio ha costituito Signore e Cristo quel Gesù che voi avete crocifisso». Il testo ci dice che gli uditori furono «trafitti al cuore». In greco, il verbo utilizzato (katanygēsan tēn kardian) significa letteralmente «percuotere, pugnalare, pungere profondamente il cuore».
È qui che tutto comincia: per ascoltare il Buon Pastore, bisogna innanzitutto accettare, permettere che il nostro cuore sia trafitto. Perché finché siamo blindati dietro le nostre giustificazioni, i nostri successi o la nostra apparente "buona salute" spirituale, la voce del Pastore resterà sempre un concetto lontano. La Parola di Dio non è una carezza anestetizzante; è piuttosto un bisturi d'amore che viene ad aprire l'ascesso delle nostre false sicurezze. È allora che quegli uomini dal cuore trafitto chiedono: «Che cosa dobbiamo fare?». Non chiedono una teoria, chiedono una via d'uscita.
Il Buon Pastore si manifesta anzitutto come colui che ci dice la verità su noi stessi. Pietro, pieno di Spirito Santo, risponde loro: «Convertitevi». Convertirsi non significa "diventare gentili" o "persone per bene", ma piuttosto cambiare direzione; significa rinunciare all'autocontrollo e passare dalla gestione di sé all'accoglienza dell'Altro. Significa comprendere che il peccato non è solo una colpa morale, ma l'errore tragico di aver scelto un cattivo pastore: le cattive inclinazioni, il proprio ego, l'opinione degli altri, la ricerca del potere, tutto ciò che non è Gesù Cristo. Essere "trafitti al cuore" è la grazia di percepire la verità delle cose e riconoscersi perduti, perché questa è la condizione sine qua non per essere finalmente ritrovati.
Secondo Punto: L’identità ritrovata attraverso l’ascolto
Nell’Evangelo di Giovanni, Gesù ci parla dell’intimità tra il Pastore e il suo gregge. Dice una cosa sconvolgente: «Egli chiama le sue pecore, ciascuna per nome».
Riflettiamo un istante su questo punto: che cos'è un nome? Un nome è la nostra identità più profonda. Nella nostra società di massa, siamo spesso numeri, profili, consumatori, statistiche... Ma per il Cristo, tu sei una persona unica! Il Pastore non grida per radunare una massa, ma parla a ciascuno; Egli sussurra per chiamare un soggetto. Dunque il Pastore conosce il tuo nome, cioè conosce le tue ferite, le tue vergogne, i tuoi desideri segreti che non hai mai osato dire a nessuno, e persino le tue capacità che ancora ignori.
Gesù oppone il Pastore al «ladro». Chi è il ladro nelle nostre vite? È tutto ciò che entra "per scasso" nella nostra anima; è l'angoscia che si installa senza chiedere il permesso, il sentimento di colpa che ci corrode, l'invidia che ci divora... Il ladro «viene solo per rubare, uccidere e distruggere», ci tratta come oggetti. Il Pastore, invece, passa per la Porta, rispetta la nostra libertà; attende finché non riconosciamo la Sua voce. La maturità spirituale, infatti, è imparare a distinguere la voce del Pastore dalle "voci straniere". La voce dello straniero è una voce che accusa, che sminuisce, che rende schiavi della performance. La voce del Pastore è una voce che rende liberi, che dà peso alla nostra esistenza: «le pecore lo seguono perché conoscono la sua voce». In fin dei conti, non si segue Gesù perché si è capito tutto il catechismo; Lo si segue perché la Sua voce risuona con la nostra sete di eternità come nessun'altra voce sulla terra.
Terzo Punto: La Porta della vera libertà
Gesù usa un'altra immagine: «Io sono la porta». È un'immagine di passaggio. Una porta non è un muro, è evidente, ma è importante ricordarlo, perché il dramma di molti cristiani è trasformare la fede in un recinto chiuso, in una prigione di regole. Ma Gesù dice proprio il contrario: «Se uno entra attraverso di me, sarà salvato; entrerà e uscirà e troverà pascolo».
Possiamo vedere che la vita con il Cristo è un movimento di va-e-vieni. Si "entra" per nutrirsi, per riposare sul Suo cuore, per l'intimità della preghiera. E si "esce" per vivere nel mondo, per lavorare, per amare, per testimoniare. Essere cristiani non significa vivere fuori dal mondo; infatti viviamo nel mondo, ma passando sempre per la "Porta" che è Cristo Gesù.
Ciò significa che Gesù è il criterio del nostro rapporto con la realtà. Se passo per Lui per guardare il mio prossimo, per esempio, non vedrò più un nemico ma un fratello. E se passo per Lui per guardare il mio fallimento, non vi vedrò più una fine ma un'occasione, una via crucis verso la risurrezione... Passare per la porta, dunque, è uscire dall'isolamento su se stessi per trovare il "pascolo", cioè il luogo in cui la vita ha senso e nutre la mia esistenza. Il ladro, invece, vuole tenerci rinchiusi nelle nostre paure, mentre Gesù ci spinge fuori, verso la vita, perché Egli è venuto perché abbiamo «la vita in abbondanza». L'abbondanza non è avere "più cose", è essere "più vivi", più intensi.
Quarto Punto: Seguire le tracce nella notte
Ma per andare oltre i bei discorsi, potremmo chiederci cosa succede quando il cammino diventa oscuro. Il Salmo di oggi (il 22) ci rassicura: «Se dovessi camminare in una valle oscura, non temerei alcun male, perché tu sei con me». Siamo concreti: il Buon Pastore non ci promette una vita senza "valli oscure". Ci promette la Sua presenza in mezzo alla valle.
San Pietro, nella seconda lettura, ci ricorda che siamo stati «guariti». Ma come siamo stati guariti? Ci risponde: «Dalle sue piaghe». Ecco il paradosso: il nostro Pastore è un Pastore ferito; è qualcuno che conosce la sofferenza perché l'ha portata nel Suo corpo; è stato insultato senza restituire l'insulto; non si è difeso con la violenza del mondo, ma con l'abbandono, confidando nel Padre.
Seguire le tracce di Cristo, come suoi discepoli, significa accettare che le nostre ferite non siano più ostacoli alla vita, ma i canali attraverso i quali circola la Sua grazia. Eravamo «erranti come pecore», dice Pietro. L'erranza, infatti, è credere che le nostre sofferenze non abbiano senso. Il ritorno al Pastore si concretizza scoprendo che le nostre cicatrici sono il luogo stesso in cui Egli ci ha cercati e trovati. Il Buon Pastore è il «custode delle nostre anime», è colui che impedisce alla nostra vita di frammentarsi e perdersi nel nulla. Nella valle della depressione, del lutto, della malattia, del tradimento o di qualunque tribolazione ci si possa trovare, il Suo bastone ci guida! E il Suo bastone è la Croce, l'appoggio solido che ci ricorda che l'Amore ha già vinto la morte.
Conclusione e applicazione per la nostra giornata
Questa domenica del Buon Pastore non è una poesia bucolica, ma piuttosto un appello alla decisione. Ecco tre consigli di applicazione pratica personale:
Sgomberare l'orecchio: Oggi, quali sono le voci che lasci parlare in te? Sono voci di ladri che ti dicono che non sei mai abbastanza bravo, che devi possedere di più, o che Dio è un giudice severo? Fa' silenzio e cerca la voce dolce che ti chiama per nome: è l'unica che conta.
Passare per la Porta: Per ogni decisione, piccola o grande, di questa settimana, chiediti: «Sto passando per la Porta? Questa azione mi rende più simile a Gesù?». Se passi per Lui, troverai sempre un cammino di vita, anche laddove gli altri vedono solo muri.
Abitare la valle: Se sei in un periodo difficile, non guardare solo l'oscurità della valle. Cerca le tracce del Pastore. Egli è passato di lì prima di te. Ha lasciato i Suoi passi nel fango delle nostre prove perché non avessimo mai più paura di essere soli.
Il Signore è il tuo Pastore, ed Egli prepara una mensa per te, qui e ora: non temere nulla! Grazia e felicità ti accompagneranno, non perché tu sia perfetto, ma perché Egli è fedele.
Il Signore cammina alla vostra testa. Qual è il primo passo che Egli vi invita a fare oggi?
Preghiera
Signore Gesù, Tu il Buon Pastore che non si rassegna mai alla perdita di uno dei Tuoi, grazie perché ci chiami per nome. Perdonaci quando ci tappiamo le orecchie per non ascoltare la Tua voce che ci invita a lasciare i nostri recinti di paura. Tocca il nostro cuore, trafiggi le nostre corazze, perché abbiamo il coraggio di chiederti: «Che cosa dobbiamo fare?». Rendici la gioia di essere le Tue pecore, felici di seguirti, anche nelle valli oscure, certi che le Tue piaghe sono la nostra unica guarigione. Fa' di noi dei testimoni della Tua vita in abbondanza, perché il mondo riconosca, attraverso la nostra pace, che Tu sei l'unico vero Custode delle nostre anime. Amen.
Nel Nome del Padre, e del Figlio, e dello Spirito Santo. Amen.
[EN] Meditation: The Voice that Restores our Name
Mass Readings: Acts 2:14a, 36-41; Psalm 23; 1 Pet 2:20b-25; Jn 10:1-10
First Point: The Necessary Wound of the Word
In the first reading, we witness the climax of Peter’s discourse after Pentecost. Standing before the crowd in Jerusalem, Peter does not use diplomacy; instead, he points a finger at his listeners, saying: «Let the whole house of Israel know for certain that God has made him both Lord and Christ, this Jesus whom you crucified.» The text tells us that the listeners were «cut to the heart.» In Greek, the verb used (katanygēsan tēn kardian) literally means «to pierce, to stab, or to prick deeply in the heart.»
This is where everything begins: to hear the Good Shepherd, we must first accept—allow—our hearts to be pierced. As long as we are shielded behind our justifications, our successes, or our apparent spiritual "good health," the Shepherd's voice will always remain a distant concept. The Word of God is not a soothing caress; it is rather a scalpel of love that comes to open the abscess of our false securities. It is then that these men with pierced hearts ask: «What are we to do?». They are not asking for a theory; they are asking for a way out.
The Good Shepherd manifests Himself first as the one who tells us the truth about ourselves. Peter, filled with the Holy Spirit, answers them: «Repent.» To repent (convert) is not to "become nice" or a "good person," but rather to change direction; it is to renounce self-control and move from self-management to welcoming the Other. It is understanding that sin is not just a moral fault, but the tragic error of having chosen a bad shepherd: evil inclinations, one's own ego, the opinion of others, the quest for power—everything that is not Jesus Christ. To be "cut to the heart" is the grace of perceiving the truth of things and recognizing oneself as lost, for this is the sine qua non condition for finally being found.
Second Point: Identity Rediscovered Through Listening
In John’s Gospel, Jesus speaks to us of the intimacy between the Shepherd and His flock. He says something soul-shaking: «He calls his own sheep by name.»
Let’s reflect on this for a moment: what is a name? A name is our deepest identity. In our mass society, we are often just numbers, profiles, consumers, statistics... But for Christ, you are a unique person! The Shepherd does not shout to gather a mass; He speaks to each one; He whispers to call a subject. Therefore, the Shepherd knows your name—meaning He knows your wounds, your shames, your secret desires you’ve never dared tell anyone, and even the capacities you yourself do not yet know you have.
Jesus contrasts the Shepherd with the «thief.» And who is the thief in our lives? It is everything that enters our soul "by break-in"—it is the anxiety that settles in without asking permission, the feeling of guilt that gnaws at us, the envy that devours us... The thief «comes only to steal and slaughter and destroy»; he treats us like objects. The Shepherd, on the other hand, passes through the Door; He respects our freedom; He waits until we recognize His voice. Spiritual maturity, in fact, is learning to distinguish the Shepherd's voice from "strangers' voices." The voice of the stranger is a voice that accuses, diminishes, and makes us slaves to performance. The voice of the Shepherd is a voice that sets us free, that gives weight to our existence: «the sheep follow him, because they recognize his voice.» In the end, we don't follow Jesus because we've understood the whole catechism; we follow Him because His voice resonates with our thirst for eternity like no other voice on earth.
Third Point: The Door of True Freedom
Jesus uses another image: «I am the gate (the door).» This is an image of passage. A door is not a wall—that’s obvious, but it’s important to remember, because the tragedy of many Christians is transforming faith into a closed pen, a prison of rules. But Jesus says exactly the opposite: «Whoever enters through me will be saved, and will come in and go out and find pasture.»
We can see that life with Christ is a back-and-forth movement. We "enter" to feed, to rest on His heart, for the intimacy of prayer. And we "go out" to live in the world, to work, to love, to bear witness. To be a Christian is not to live outside the world; in fact, we live in the world, but always by passing through the "Door" which is Christ Jesus.
This means that Jesus is the criteria for our relationship with reality. If I pass through Him to look at my neighbor, for example, I will no longer see an enemy but a brother. And if I pass through Him to look at my failure, I will no longer see an end in it but an opportunity, a way of the cross toward resurrection... Passing through the door, therefore, is exiting the confinement within oneself to find "pasture"—that is, the place where life has meaning and nourishes my existence. The thief, conversely, wants to keep us locked in our fears, while Jesus pushes us outside, toward life, because He came so that we might have «life in abundance.» Abundance is not having "more things"; it is being "more alive," more intense.
Fourth Point: Following Traces in the Night
But to go beyond beautiful words, we might ask: what happens when the path becomes dark? Today’s Psalm (23) reassures us: «Even though I walk through the valley of the shadow of death, I will fear no evil, for you are with me.» Let’s be concrete: the Good Shepherd does not promise us a life without "valleys." He promises us His presence in the midst of the valley.
Saint Peter, in the second reading, reminds us that we are «healed.» But how are we healed? He answers: «By his wounds.» Here is the paradox: our Shepherd is a wounded Shepherd; He is someone who knows suffering because He carried it in His own body; He was insulted without returning the insult; He did not defend Himself with the violence of the world, but with abandonment, trusting in the Father.
To follow the traces of Christ as His disciples is to accept that our own wounds are no longer obstacles to life, but the channels through which His grace flows. We were «straying like sheep,» says Peter. Straying, in fact, is believing that our sufferings have no meaning. The return to the Shepherd is realized when we discover that our scars are the very place where He sought and found us. The Good Shepherd is the «guardian of our souls»; He is the one who prevents our lives from fragmenting and getting lost in the void. In the valley of depression, grief, illness, betrayal, or whatever tribulation we may find ourselves in, His staff guides us! And His staff is the Cross—the solid support that reminds us that Love has already conquered death.
Conclusion and Application for Our Day
This Good Shepherd Sunday is not a piece of pastoral poetry; it is a call to decision. So, as always, three personal practical application tips:
Unclutter the Ear: Today, what voices are you allowing to speak within you? Are they voices of thieves telling you that you are never good enough, that you must possess more, or that God is a harsh judge? Be silent and seek the gentle voice that calls you by your name: it is the only one that matters.
Pass Through the Door: For every decision, small or large, this week, ask yourself: «Am I passing through the Door? Does this action make me more like Jesus?». If you pass through Him, you will always find a path of life, even where others only see walls.
Inhabit the Valley: If you are in a difficult period, do not only look at the darkness of the valley. Seek the traces of the Shepherd. He passed through there before you. He left His footsteps in the mud of our trials so that we would never again be afraid of being alone.
The Lord is your Shepherd, and He prepares a table for you, here and now: fear nothing! Grace and happiness will follow you, not because you are perfect, but because He is faithful.
The Lord walks at your head. What is the first step He is inviting you to take today?
Prayer
Lord Jesus, You the Good Shepherd who never resigns Himself to the loss of one of His own, thank You for calling us by our name. Forgive us when we plug our ears so as not to hear Your voice inviting us to leave our pens of fear. Touch our heart, pierce our armor, so that we may have the courage to ask You: «What are we to do?». Restore to us the joy of being Your sheep, happy to follow You even in the valleys of shadow, certain that Your wounds are our only healing. Make us witnesses of Your life in abundance, so that the world may recognize, through our peace, that You are the only true Guardian of our souls. Amen.
In the Name of the Father, and of the Son, and of the Holy Spirit. Amen.
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