Jeudi de la Cinquième Semaine du Temps Pascal (Fr, Pt, It, En)

 

L'icône du Concile de Jérusalem (ou "L'Assemblée des Apôtres à Jérusalem"),
fin du XXe siècle ou au début du XXIe siècle

[Fr] Sortir du fardeau pour entrer dans la joie

Lectures de la Messe : Ac 15, 7-21 ; Psaume (95 /96) ; Jn 15, 9-11

Premier Point : Le joug de l'orgueil religieux

La première lecture nous plonge dans le premier grand conflit de l’Église : à Jérusalem, on se dispute. Pourquoi ? Parce qu’il y a toujours en nous cette petite voix qui murmure que la grâce de Dieu ne suffit pas, qu’il manque quelque chose, qu’il faut faire plus, qu’il nous faut rajouter quelque chose… En effet, les chrétiens d'origine juive voulaient imposer aux païens tout le poids de la Loi de Moïse. C’est tentation n’est pas uniquement des chrétiens d’origine : combien de fois, dans notre vie spirituelle, nous nous imposons des "jougs" que Dieu ne nous a jamais demandés ?

Regardez la réaction de Pierre, il est d’une honnêteté désarmante. Il dit : « pourquoi donc mettez-vous Dieu à l’épreuve en plaçant sur la nuque des disciples un joug que nos pères et nous-mêmes n’avons pas eu la force de porter ? » Le premier pas de la libération spirituelle c’est reconnaître notre incapacité. On croit souvent que pour plaire à Dieu, il faut être des athlètes de la vertu, des gens qui ne se trompent jamais… On compte trop sur la performance, tandis que Pierre nous rappelle que nous sommes tous sauvés de la même manière : par la grâce.

Le joug, c’est cette tendance à vouloir contrôler son propre salut par ses efforts : cela, c’est fatigant. Cela c’est justement ce qui rend parfois nos visages de chrétiens si tristes et si sévères : on "tracasse" les autres et on se tracasse soi-même ! Mais la foi, ce n'est pas "tracasser" ceux qui se tournent vers Dieu, c'est leur ouvrir la porte ! Jacques finit par dire : « … moi, j’estime qu’il ne faut pas tracasser ceux qui, venant des nations, se tournent vers Dieu… ». C’est une phrase magnifique pour notre quotidien : est-ce que ma façon de vivre ma foi attire les gens ou est-ce qu'elle les fatigue ? Est-ce que je suis un portier qui ouvre ou un « douanier qui vérifie les visas » ? La vérité du chemin, c’est la liberté des enfants de Dieu.

Deuxième Point : Demeurer n'est pas une performance

Dans l’Évangile, Jésus nous donne l’antidote à cette fatigue des règles, Il utilise un mot qu’on a déjà entendu hier en précisant : « ‘Demeurez’ dans mon amour ». C’est fascinant parce que Jésus ne dit pas « Obéissez pour que je vous aime », mais Il dit « Je vous aime comme le Père m’aime, maintenant, restez là ».

La vie chrétienne, donc, commence par une constatation passive : je suis aimé ! Point. Avant que tu ne fasses quoi que ce soit, avant que tu ne sois "bon" ou "parfait", l’amour du Père coule déjà vers toi à travers Jésus. Demeurer, alors c’est l’art de ne pas s’enfuir, c’est l’art de ne pas sortir de ce bain d’amour pour essayer de prouver sa valeur ailleurs.

On passe notre vie à essayer d’être "quelqu’un", à mériter l’amour de notre conjoint, de nos parents, de nos chefs, et etc., et on finit par croire qu’il faut aussi mériter l’amour de Dieu : cela, c’est un mensonge très dangereux ! Demeurer dans l'Amour, c'est accepter d'être fragile, d'être petit, et que c'est justement cela qui a attiré l'amour de Dieu envers nous ! Si dimanche nous disions qu'il faut "habiter le chemin", aujourd'hui Jésus nous dit que le bitume de ce chemin, c'est son amour. On ne marche pas vers l'Amour, on marche dans l'Amour, et ça change tout ! Tes pieds ne touchent plus le sol dur de la Loi, mais la douceur de la Miséricorde.

Troisième Point : Le commandement comme protection du trésor

Alors, vous me direz que dans ce même Évangile, Jésus dit aux disciples de « gardez mes commandements… » ; mais il faut bien tenir présent l’ordre des choses. En effet, Jésus ne dit pas "Gardez les commandements pour entrer dans l’amour", mais Il dit : « Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. », autrement dit, « Puisque tu es dans l’amour, garde les commandements pour y rester ».

Un commandement, dans la bouche de Jésus, n'est pas une contrainte extérieure, mais c'est le mode d'emploi de la joie, ça marche comme les barrières de sécurité sur une route de montagne. Garder, donc, les commandements, c'est protéger/conserver la relation. Si j'aime quelqu'un, je ne vais pas faire des choses qui blessent cette personne, non par peur d'une amende, mais parce que je tiens à ce lien plus qu'à tout.

Et Jésus lui-même nous donne l’exemple : il garde les commandements de son Père, parce qu’Il ne veut pas perdre une seconde de l’intimité qu’Il a avec le Père : garder la parole de Jésus, c'est garder le canal de la grâce ouvert. Et le péché, au fond, ce n’est d’autre que la bêtise de sortir de l'amour pour aller chercher une satisfaction médiocre dans une idole ; et c’est justement ce que Paul disait à Lystres dans les Actes lundi dernier : « détournez-vous de ces vaines pratiques ». Les vaines pratiques, ce sont nos tentatives désespérées de trouver la vie là où elle n'est pas.

Quatrième Point : La joie, critère de vérité

Enfin, Jésus nous révèle le but ultime de tout cela : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite ». C'est le point de discernement ultime pour notre vie spirituelle : si ta foi ne te rend pas joyeux, pose-toi des questions. Si ta façon de pratiquer la religion te rend amer, exigeant, méticuleux, jugeant, anxieux, lourd aux gens…, c'est que tu as remplacé l'amour par un système.

La joie de Jésus n'est pas une émotion passagère, un enthousiasme superficiel, non ! C’est la joie d’être à sa place ; c’est la joie du sarment qui sent la sève couler ; c’est une joie "parfaite", c’est-à-dire totale, qui n’a pas besoin de compléments extérieurs. Cette joie peut cohabiter avec la souffrance, comme on le verra plus tard dans la Passion, mais elle ne peut pas cohabiter avec l’égoïsme ou le repli sur soi.

Tandis que le monde nous propose des plaisirs, Jésus nous propose la joie : le plaisir s'éteint dès qu'il est consommé, la joie s'accroît dès qu'elle est partagée ! La manifestation de Dieu dont nous parlions hier, elle se voit dans cette joie. Quand Pierre et Jacques décident de ne pas "tracasser" les disciples, ils libèrent la joie. Une communauté chrétienne qui ne tracasse pas est une communauté qui rayonne ; un chrétien qui demeure dans l'Amour est un chrétien dont le simple sourire est une preuve de la Résurrection.

Conclusion et application pour notre journée

Cette fois-ci la méditation était plus longue que j’avais prévu, mais c’était nécessaire, parce que la liturgie de cette semaine touche un sujet très délicat et d’aujourd’hui la liturgie nous donne l’occasion d’approfondir un peu plus, en nous faisant appel à la légèreté spirituelle. Dieu ne veut pas de notre épuisement, Il veut notre amitié. Je vous propose encore une fois des points de réflexion/application, mais avant tout, demandez au Seigneur un directeur spirituel, un guide, et partagez, discutez sur ces points avec lui : 

  • Cesser de se tracasser : Regardez aujourd'hui ce qui vous pèse. Quelles sont les règles que vous vous imposez et qui vous rendent amers ? Qu’est-ce qui vous "tracasse" dans votre relation à Dieu ? Déposez ce joug inutile. Dites-vous : "Je suis sauvé par grâce, pas par ma perfection".
  • Vérifier son domicile : Où habitez-vous aujourd'hui ? Dans vos soucis ? Dans vos peurs ? Dans vos projets ? Essayez de revenir au domicile de l'Amour. Prenez des petites pauses dans la journée pour vous dire intérieurement : "Seigneur, je demeure en Toi. Tu m'aimes maintenant, tel que je suis".
  • Le test de la joie : Si vous sentez que vous perdez votre joie, c’est un signal d’alarme. C'est que vous êtes sortis de l'Amour pour entrer dans la performance ou le jugement. Revenez à la source. Demandez à Jésus sa joie. Et essayez de ne pas "tracasser" ceux que vous rencontrerez aujourd'hui. Soyez des facilitateurs de rencontre avec Dieu, pas des obstacles.

Prière

Seigneur Jésus, Toi qui nous aimes comme le Père T'aime, merci pour cette démesure de tendresse qui nous précède. Je Te demande pardon pour toutes les fois où j’ai transformé Ton Évangile en un fardeau lourd à porter pour moi-même et pour les autres. Délivre-moi de la maladie du perfectionnisme religieux et de la peur de ne pas être à la hauteur.

Esprit Saint, souffle sur moi pour en chasser la tristesse et l'amertume. Apprends-moi à demeurer dans l'amour de Jésus comme un sarment sur la vigne. Que Ta joie, Seigneur, habite mon cœur et qu'elle transparaisse sur mon visage. Fais de moi un témoin de Ta liberté, quelqu’un qui ouvre des portes et qui allège les cœurs. Que ma seule règle soit celle de l'amour, pour la gloire du Père et le salut du monde. Amen.

[Pt-Br] Sair do fardo para entrar na alegria

Leituras da Missa: At 15, 7-21; Salmo 95 (96); Jo 15, 9-11

Primeiro Ponto: O jugo do orgulho religioso

A primeira leitura nos mergulha no primeiro grande conflito da Igreja: em Jerusalém, há uma disputa. Por quê? Porque existe sempre em nós aquela vozinha sussurrando que a graça de Deus não basta, que falta algo, que é preciso fazer mais, que precisamos acrescentar alguma coisa... De fato, os cristãos de origem judaica queriam impor aos pagãos todo o peso da Lei de Moisés. Essa tentação não é exclusiva dos cristãos daquela época: quantas vezes, em nossa vida espiritual, impomos a nós mesmos "jugos" que Deus nunca nos pediu?

Veja a reação de Pedro; ele é de uma honestidade desarmante. Ele diz: "Por que, então, colocais Deus à prova, impondo sobre a nuca dos discípulos um jugo que nem nossos pais nem nós mesmos tivemos força para suportar?". O primeiro passo da libertação espiritual é reconhecer nossa incapacidade. Frequentemente acreditamos que, para agradar a Deus, precisamos ser "atletas da virtude", pessoas que nunca erram... Confiamos demais na performance, enquanto Pedro nos lembra que somos todos salvos da mesma maneira: pela graça.

O jugo é essa tendência de querer controlar a própria salvação através dos esforços: isso é cansativo. É justamente o que torna, às vezes, nossos rostos cristãos tão tristes e severos: "atrapalhamos" os outros e nos atormentamos a nós mesmos! Mas a fé não é "complicar a vida" daqueles que se voltam para Deus, é abrir-lhes a porta! Tiago conclui dizendo: "...eu julgo que não devemos inquietar aqueles que, dentre as nações, se convertem a Deus...". É uma frase magnífica para o nosso cotidiano: a minha forma de viver a fé atrai as pessoas ou as cansa? Sou um porteiro que abre ou um "alfandegário que confere vistos"? A verdade do caminho é a liberdade dos filhos de Deus.

Segundo Ponto: Permanecer não é uma performance

No Evangelho, Jesus nos dá o antídoto para esse cansaço das regras. Ele utiliza uma palavra que já ouvimos ontem, precisando: "Permanecei no meu amor". É fascinante porque Jesus não diz "Obedeçam para que eu os ame", mas diz "Eu os amo como o Pai me ama; agora, fiquem aí".

A vida cristã, portanto, começa com uma constatação passiva: eu sou amado! Ponto final. Antes que você faça qualquer coisa, antes que seja "bom" ou "perfeito", o amor do Pai já flui para você através de Jesus. Permanecer, então, é a arte de não fugir, é a arte de não sair desse banho de amor para tentar provar seu valor em outro lugar.

Passamos a vida tentando ser "alguém", tentando merecer o amor do cônjuge, dos pais, dos chefes, etc., e acabamos acreditando que também precisamos merecer o amor de Deus: isso é uma mentira muito perigosa! Permanecer no Amor é aceitar ser frágil, ser pequeno, e entender que é justamente isso que atraiu o amor de Deus para nós! Se no domingo dizíamos que é preciso "habitar o caminho", hoje Jesus nos diz que o asfalto desse caminho é o seu amor. Não caminhamos em direção ao Amor, caminhamos no Amor, e isso muda tudo! Seus pés não tocam mais o solo duro da Lei, mas a doçura da Misericórdia.

Terceiro Ponto: O mandamento como proteção do tesouro

Então, você me dirá que, neste mesmo Evangelho, Jesus diz aos discípulos: "guardai os meus mandamentos..."; mas é preciso manter clara a ordem das coisas. De fato, Jesus não diz "Guardem os mandamentos para entrar no amor", mas diz: "Permanecei no meu amor. Se guardardes os meus mandamentos, permanecereis no meu amor, assim como eu guardei os mandamentos do meu Pai e permaneço no seu amor". Em outras palavras: "Já que você está no amor, guarde os mandamentos para permanecer nele".

Um mandamento, na boca de Jesus, não é uma imposição externa, mas o "manual de instruções" da alegria; funciona como as barreiras de segurança em uma estrada de montanha. Guardar, portanto, os mandamentos, é proteger/conservar a relação. Se eu amo alguém, não vou fazer coisas que firam essa pessoa, não por medo de uma multa, mas porque prezo por esse vínculo mais do que tudo.

E o próprio Jesus nos dá o exemplo: Ele guarda os mandamentos de seu Pai porque não quer perder um segundo da intimidade que tem com Ele. Guardar a palavra de Jesus é manter o canal da graça aberto. E o pecado, no fundo, nada mais é do que a tolice de sair do amor para buscar uma satisfação medíocre em um ídolo; é exatamente o que Paulo dizia em Listra (nos Atos, segunda-feira passada): "afastai-vos dessas coisas vãs". As práticas vãs são nossas tentativas desesperadas de encontrar a vida onde ela não está.

Quarto Ponto: A alegria, critério de verdade

Por fim, Jesus nos revela o objetivo último de tudo isso: "Eu vos disse isso para que a minha alegria esteja em vós, e a vossa alegria seja plena". Este é o ponto de discernimento definitivo para nossa vida espiritual: se a sua fé não te torna alegre, questione-se. Se a sua forma de praticar a religião te torna amargo, exigente, meticuloso, julgador, ansioso ou pesado para as pessoas... é porque você substituiu o amor por um sistema.

A alegria de Jesus não é uma emoção passageira ou um entusiasmo superficial. Não! É a alegria de estar no seu lugar; é a alegria do ramo que sente a seiva correr; é uma alegria "plena" (perfeita), ou seja, total, que não precisa de complementos externos. Esta alegria pode coexistir com o sofrimento, como veremos mais tarde na Paixão, mas não pode coexistir com o egoísmo ou o fechamento em si mesmo.

Enquanto o mundo nos oferece prazeres, Jesus nos oferece a alegria: o prazer se apaga assim que é consumido, a alegria aumenta assim que é compartilhada! A manifestação de Deus de que falávamos ontem é vista nesta alegria. Quando Pedro e Tiago decidem não "inquietar" os discípulos, eles libertam a alegria. Uma comunidade cristã que não sobrecarrega os outros é uma comunidade que irradia; um cristão que permanece no Amor é um cristão cujo simples sorriso é uma prova da Ressurreição.

Conclusão e aplicação para o nosso dia

Desta vez, a meditação foi mais longa do que eu previa, mas era necessário, pois a liturgia desta semana toca em um assunto muito delicado e atual. A liturgia de hoje nos dá a oportunidade de aprofundar um pouco mais, chamando-nos à leveza espiritual. Deus não quer o nosso esgotamento, Ele quer a nossa amizade. Proponho novamente alguns pontos de reflexão, mas, antes de tudo, peça ao Senhor um diretor espiritual ou um guia, e compartilhe/discuta esses pontos com ele:

  • Parar de se inquietar: Observe hoje o que te pesa. Quais são as regras que você se impõe e que te deixam amargo? O que te "atormenta" na sua relação com Deus? Deposite esse jugo inútil. Diga a si mesmo: "Sou salvo pela graça, não pela minha perfeição".

  • Verificar seu domicílio: Onde você está morando hoje? Nas suas preocupações? Nos seus medos? Nos seus projetos? Tente voltar para o domicílio do Amor. Faça pequenas pausas durante o dia para dizer interiormente: "Senhor, eu permaneço em Ti. Tu me amas agora, tal como eu sou".

  • O teste da alegria: Se você sentir que está perdendo a alegria, é um sinal de alerta. É sinal de que você saiu do Amor para entrar na performance ou no julgamento. Volte à fonte. Peça a Jesus a alegria d'Ele. E tente não "inquietar" aqueles que encontrar hoje. Seja um facilitador do encontro com Deus, não um obstáculo.

Oração

Senhor Jesus, Tu que nos amas como o Pai Te ama, obrigado por essa desmedida ternura que nos precede. Peço-Te perdão por todas as vezes em que transformei o Teu Evangelho em um fardo pesado para mim mesmo e para os outros. Livra-me da doença do perfeccionismo religioso e do medo de não estar à altura.

Espírito Santo, sopra sobre mim para expulsar a tristeza e a amargura. Ensina-me a permanecer no amor de Jesus como um ramo na videira. Que a Tua alegria, Senhor, habite meu coração e transpareça em meu rosto. Faz de mim uma testemunha da Tua liberdade, alguém que abre portas e alivia os corações. Que a minha única regra seja a do amor, para a glória do Pai e a salvação do mundo. Amém.

[It] Uscire dal fardello per entrare nella gioia

Letture della Messa: At 15, 7-21; Salmo 95 (96); Gv 15, 9-11

Primo Punto: Il giogo dell'orgoglio religioso

La prima lettura ci immerge nel primo grande conflitto della Chiesa: a Gerusalemme si discute. Perché? Perché c'è sempre in noi quella piccola voce che sussurra che la grazia di Dio non basta, che manca qualcosa, che bisogna fare di più, che dobbiamo aggiungere qualcosa... Infatti, i cristiani di origine ebraica volevano imporre ai pagani tutto il peso della Legge di Mosè. Questa tentazione non appartiene solo ai cristiani delle origini: quante volte, nella nostra vita spirituale, ci imponiamo dei "gioghi" che Dio non ci ha mai chiesto?

Guardate la reazione di Pietro, è di un'onestà disarmante. Dice: "Perché continuate a tentare Dio, imponendo sul collo dei discepoli un giogo che né i nostri padri né noi siamo stati in grado di portare?". Il primo passo della liberazione spirituale è riconoscere la nostra incapacità. Crediamo spesso che per piacere a Dio si debba essere "atleti della virtù", persone che non sbagliano mai... Contiamo troppo sulla prestazione, mentre Pietro ci ricorda che siamo tutti salvati allo stesso modo: per grazia.

Il giogo è questa tendenza a voler controllare la propria salvezza attraverso i propri sforzi: questo è faticoso. È proprio questo che rende a volte i nostri volti di cristiani così tristi e severi: "tormentiamo" gli altri e tormentiamo noi stessi! Ma la fede non è complicare la vita a chi si volge a Dio, è aprire loro la porta! Giacomo finisce col dire: "...io ritengo che non si debbano importunare quelli che, tra i pagani, si convertono a Dio". È una frase magnifica per il nostro quotidiano: il mio modo di vivere la fede attrae le persone o le affatica? Sono un portiere che apre o un "doganiere che controlla i visti"? La verità del cammino è la libertà dei figli di Dio.

Secondo Punto: Rimanere non è una performance

Nel Vangelo, Gesù ci dà l'antidoto a questa stanchezza delle regole. Egli usa una parola che abbiamo già sentito ieri, precisando: "Rimanete nel mio amore". È affascinante perché Gesù non dice "Obbedite affinché io vi ami", ma dice "Io vi amo come il Padre ama me; ora, restate lì".

La vita cristiana, dunque, comincia con una constatazione passiva: io sono amato! Punto. Prima che tu faccia qualsiasi cosa, prima che tu sia "buono" o "perfetto", l'amore del Padre scorre già verso di te attraverso Gesù. Rimanere, allora, è l'arte di non scappare, è l'arte di non uscire da questo bagno d'amore per cercare di provare il proprio valore altrove.

Passiamo la vita a cercare di essere "qualcuno", a meritare l'amore del coniuge, dei genitori, dei capi, ecc., e finiamo per credere di dover meritare anche l'amore di Dio: questa è una menzogna molto pericolosa! Rimanere nell'Amore è accettare di essere fragili, di essere piccoli, e capire che è proprio questo che ha attirato l'amore di Dio verso di noi! Se domenica dicevamo che bisogna "abitare il cammino", oggi Gesù ci dice che l'asfalto di questo cammino è il suo amore. Non camminiamo verso l'Amore, camminiamo nell'Amore, e questo cambia tutto! I tuoi piedi non toccano più il suolo duro della Legge, ma la dolcezza della Misericordia.

Terzo Punto: Il comandamento come protezione del tesoro

Allora, mi direte che in questo stesso Vangelo Gesù dice ai discepoli di "osservare i miei comandamenti..."; ma bisogna tenere ben presente l'ordine delle cose. Infatti, Gesù non dice "Osservate i comandamenti per entrare nell'amore", ma dice: "Rimanete nel mio amore. Se osserverete i miei comandamenti, rimarrete nel mio amore, come io ho osservato i comandamenti del Padre mio e rimango nel suo amore". In altre parole: "Poiché sei nell'amore, osserva i comandamenti per restarvi".

Un comandamento, sulla bocca di Gesù, non è una costrizione esterna, ma è il manuale d'istruzioni della gioia; funziona come i guardrail su una strada di montagna. Osservare, dunque, i comandamenti è proteggere/custodire la relazione. Se amo qualcuno, non farò cose che feriscono quella persona, non per paura di una multa, ma perché tengo a quel legame più di ogni altra cosa.

E Gesù stesso ci dà l'esempio: osserva i comandamenti di suo Padre perché non vuole perdere un secondo dell'intimità che ha con Lui. Custodire la parola di Gesù significa mantenere aperto il canale della grazia. E il peccato, in fondo, non è altro che la stupidità di uscire dall'amore per andare a cercare una soddisfazione mediocre in un idolo; è proprio quello che Paolo diceva a Listra (negli Atti lunedì scorso): "convertitevi da queste vanità". Le pratiche vane sono i nostri tentativi disperati di trovare la vita dove non c'è.

Quarto Punto: La gioia, criterio di verità

Infine, Gesù ci rivela lo scopo ultimo di tutto questo: "Vi ho detto queste cose perché la mia gioia sia in voi e la vostra gioia sia piena". È il punto di discernimento ultimo per la nostra vita spirituale: se la tua fede non ti rende gioioso, fatti delle domande. Se il tuo modo di praticare la religione ti rende amaro, esigente, meticoloso, giudicante, ansioso, pesante per gli altri... è perché hai sostituito l'amore con un sistema.

La gioia di Gesù non è un'emozione passeggera, un entusiasmo superficiale. No! È la gioia di essere al proprio posto; è la gioia del tralcio che sente scorrere la linfa; è una gioia "piena" (perfetta), cioè totale, che non ha bisogno di complementi esterni. Questa gioia può coesistere con la sofferenza, come vedremo più avanti nella Passione, ma non può coesistere con l'egoismo o il ripiegamento su di sé.

Mentre il mondo ci propone dei piaceri, Gesù ci propone la gioia: il piacere si spegne non appena viene consumato, la gioia aumenta non appena viene condivisa! La manifestazione di Dio di cui parlavamo ieri si vede in questa gioia. Quando Pietro e Giacomo decidono di non "importunare" i discepoli, liberano la gioia. Una comunità cristiana che non tormenta è una comunità che irradia; un cristiano che rimane nell'Amore è un cristiano il cui semplice sorriso è una prova della Risurrezione.

Conclusione e applicazione per la nostra giornata

Questa volta la meditazione è stata più lunga del previsto, ma era necessario, perché la liturgia di questa settimana tocca un argomento molto delicato e attuale. La liturgia di oggi ci dà l'occasione di approfondire un po' di più, richiamandoci alla leggerezza spirituale. Dio non vuole il nostro esaurimento, vuole la nostra amicizia. Vi propongo ancora una volta dei punti di riflessione, ma prima di tutto, chiedete al Signore un direttore spirituale, una guida, e condividete/discutete questi punti con lui:

  • Smettere di tormentarsi: Guardate oggi cosa vi pesa. Quali sono le regole che vi imponete e che vi rendono amari? Cosa vi "tormenta" nella vostra relazione con Dio? Deponete questo giogo inutile. Ditevi: "Sono salvato per grazia, non per la mia perfezione".

  • Verificare il proprio domicilio: Dove abitate oggi? Nelle vostre preoccupazioni? Nelle vostre paure? Nei vostri progetti? Cercate di tornare al domicilio dell'Amore. Fate delle piccole pause nella giornata per dirvi interiormente: "Signore, io rimango in Te. Tu mi ami ora, così come sono".

  • Il test della gioia: Se sentite che state perdendo la gioia, è un segnale d'allarme. Significa che siete usciti dall'Amore per entrare nella prestazione o nel giudizio. Tornate alla sorgente. Chiedete a Gesù la sua gioia. E cercate di non "importunare" chi incontrerete oggi. Siate facilitatori dell'incontro con Dio, non ostacoli.

Preghiera

Signore Gesù, Tu che ci ami come il Padre Ti ama, grazie per questa sconsiderata tenerezza che ci precede. Ti chiedo perdono per tutte le volte in cui ho trasformato il Tuo Vangelo in un fardello pesante da portare per me stesso e per gli altri. Liberami dalla malattia del perfezionismo religioso e dalla paura di non essere all'altezza.

Spirito Santo, soffia su di me per scacciarne la tristezza e l'amarezza. Insegnami a rimanere nell'amore di Gesù come un tralcio sulla vite. Che la Tua gioia, Signore, abiti il mio cuore e traspaia sul mio volto. Fa' di me un testimone della Tua libertà, qualcuno che apre porte e che solleva i cuori. Che la mia unica regola sia quella dell'amore, per la gloria del Padre e la salvezza del mondo. Amen.

[En] Leaving the Burden to Enter into Joy

Mass Readings: Acts 15:7-21; Psalm 96; John 15:9-11

First Point: The Yoke of Religious Pride

The first reading plunges us into the first great conflict of the Church: in Jerusalem, there is an argument. Why? Because there is always that little voice within us whispering that God's grace is not enough, that something is missing, that we must do more, that we must add something... Indeed, the Christians of Jewish origin wanted to impose the full weight of the Law of Moses on the pagans. This temptation is not unique to the early Christians: how many times in our spiritual lives do we impose "yokes" upon ourselves that God never asked for?

Look at Peter's reaction; he is disarmingly honest. He says: "Why then are you putting God to the test by placing on the neck of the disciples a yoke that neither our ancestors nor we have had the strength to bear?". The first step of spiritual liberation is recognizing our incapacity. We often believe that to please God, we must be "athletes of virtue," people who never make mistakes... We rely too much on performance, while Peter reminds us that we are all saved in the same way: by grace.

The yoke is that tendency to want to control one's own salvation through effort—and that is exhausting. This is precisely what sometimes makes our Christian faces look so sad and severe: we "harass" others and we harass ourselves! But faith is not about "troubling" those who turn to God; it is about opening the door for them! James concludes by saying: "...it is my judgment, therefore, that we should not make it difficult for the Gentiles who are turning to God". This is a magnificent sentence for our daily lives: does my way of living my faith attract people or does it fatigue them? Am I a doorkeeper who opens or a "customs officer checking visas"? The truth of the path is the freedom of the children of God.

Second Point: Abiding is Not a Performance

In the Gospel, Jesus gives us the antidote to this fatigue of rules. He uses a word we heard yesterday, specifying: "Abide (remain) in my love." This is fascinating because Jesus does not say, "Obey so that I will love you," but He says, "I love you as the Father loves me; now, stay there."

Christian life, therefore, begins with a passive realization: I am loved! Period. Before you do anything, before you are "good" or "perfect," the Father's love is already flowing toward you through Jesus. Abiding, then, is the art of not running away; it is the art of not leaving this bath of love to try to prove your worth elsewhere.

We spend our lives trying to be "somebody," trying to deserve the love of our spouse, our parents, our bosses, etc., and we end up believing that we must also deserve God's love: this is a very dangerous lie! To abide in Love is to accept being fragile, being small, and realizing that it is precisely this that attracted God's love toward us! If on Sunday we said we must "inhabit the path," today Jesus tells us that the asphalt of this path is His love. We do not walk toward Love; we walk in Love, and that changes everything! Your feet no longer touch the hard ground of the Law, but the sweetness of Mercy.

Third Point: The Commandment as Protection of the Treasure

Now, you might tell me that in this same Gospel, Jesus tells the disciples to "keep my commandments..."; but we must keep the order of things clear. Indeed, Jesus does not say, "Keep the commandments to enter into love," but He says: "Abide in my love. If you keep my commandments, you will abide in my love, just as I have kept my Father’s commandments and abide in his love." In other words: "Since you are already in love, keep the commandments to stay there."

A commandment, in the mouth of Jesus, is not an external constraint; it is the instruction manual for joy. It works like the guardrails on a mountain road. Keeping the commandments, therefore, is about protecting and preserving the relationship. If I love someone, I will not do things that hurt that person—not out of fear of a fine, but because I cherish that bond more than anything.

And Jesus Himself gives us the example: He keeps His Father's commandments because He does not want to lose a single second of the intimacy He has with the Father. Keeping the word of Jesus is keeping the channel of grace open. And sin, at its core, is nothing other than the foolishness of leaving love to go looking for mediocre satisfaction in an idol; it is exactly what Paul said at Lystra (in Acts last Monday): "turn from these worthless things." Worthless practices are our desperate attempts to find life where it is not.

Fourth Point: Joy, the Criterion of Truth

Finally, Jesus reveals the ultimate goal of all this: "I have told you this so that my joy may be in you and that your joy may be complete." This is the ultimate point of discernment for our spiritual life: if your faith does not make you joyful, ask yourself questions. If your way of practicing religion makes you bitter, demanding, meticulous, judgmental, anxious, or heavy to be around... it is because you have replaced love with a system.

The joy of Jesus is not a fleeting emotion or a superficial enthusiasm. No! It is the joy of being in one's right place; it is the joy of the branch that feels the sap flowing; it is a "complete" (perfect) joy, meaning it is total and needs no external additions. This joy can coexist with suffering, as we will see later in the Passion, but it cannot coexist with selfishness or withdrawal into oneself.

While the world offers us pleasures, Jesus offers us joy: pleasure is extinguished as soon as it is consumed, but joy increases as soon as it is shared! The manifestation of God we spoke of yesterday is seen in this joy. When Peter and James decide not to "trouble" the disciples, they release joy. A Christian community that does not harass is a community that radiates; a Christian who abides in Love is a Christian whose simple smile is a proof of the Resurrection.

Conclusion and Application for Our Day

This time the meditation was longer than I planned, but it was necessary because this week's liturgy touches on a very delicate and modern subject. Today's liturgy gives us the opportunity to go a bit deeper, calling us to spiritual lightness. God does not want our exhaustion; He wants our friendship. I propose once again some points for reflection, but above all, ask the Lord for a spiritual director or guide, and share/discuss these points with them:

  • Stop harassing yourself: Look today at what weighs you own. What are the rules you impose on yourself that make you bitter? What "troubles" you in your relationship with God? Lay down this useless yoke. Say to yourself: "I am saved by grace, not by my perfection."

  • Check your address: Where are you living today? In your worries? In your fears? In your projects? Try to return to the home of Love. Take small breaks during the day to say internally: "Lord, I abide in You. You love me now, just as I am."

  • The joy test: If you feel you are losing your joy, it is a warning sign. It means you have left Love to enter into performance or judgment. Come back to the source. Ask Jesus for His joy. And try not to "trouble" those you meet today. Be facilitators of an encounter with God, not obstacles.

Prayer

Lord Jesus, You who love us as the Father loves You, thank You for this excessive tenderness that precedes us. I ask Your forgiveness for all the times I have transformed Your Gospel into a heavy burden for myself and for others. Deliver me from the sickness of religious perfectionism and the fear of not measuring up.

Holy Spirit, breathe upon me to drive away sadness and bitterness. Teach me to abide in the love of Jesus like a branch on the vine. May Your joy, Lord, dwell in my heart and show on my face. Make me a witness of Your freedom, someone who opens doors and lightens hearts. May my only rule be that of love, for the glory of the Father and the salvation of the world. Amen.

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